Le concept des ventes privées fleurit dans le centre-ville

atelier saint loupIl faut avoir été informé pour en être ! Sinon, il faudra attendre les prochaines… Depuis quelques années, les ventes privées se développent à Nantes et remportent un joli succès.

Une rencontre entre un artisan et sa clientèle

Les artisans, qui organisent des ventes privées dans leurs ateliers, ont la chance de pouvoir rencontrer leur clientèle : « On voit tout de suite ce qui plaît et nous sommes les mieux placés pour renseigner sur les produits », explique Isabelle Pierrès de l’atelier Saint-Loup, qui confectionne de la petite maroquinerie. Mais les plus chanceux sont bien sûr les clients car, dans l’atelier, ils vont pouvoir se rendre compte de la conception et de la fabrication des produits qu’ils s’apprêtent à acheter.

Les mises en scène de la vente privée

La société nantaise ID Contraire, rue des Olivettes, conçoit des chaussures originales et subtiles, dans des matières et des textiles exquis. Elle organise des ventes privées depuis quatre ans. « Nous mettons en scène nos ventes privées. Un artiste peut être invité. Les chaussures sont disposées de telle sorte que les clients farfouillent. Farfouiller, c’est le succès d’une vente privée », explique Sandra Quéré, assistante commerciale de la société à Nantes.

Un lieu de partage et de rencontre

Aux ventes privées, les clients viennent immanquablement à plusieurs. Soit avec leurs amis, soit avec leurs familles. « Il faut que la vente soit un moment convivial », ajoute Sandra, de la société ID Contraire. Les ventes privées ont souvent lieu les samedis ou dimanches, mais pas seulement. ID Contraire a récemment organisé une vente un mercredi après-midi, spécialement pour les pieds des enfants. « Les enfants sont venus avec leurs parents, il y avait de la musique et des gâteaux. »

Comment informer d’une vente privée ?

Le plus souvent, les artisans se constituent leur réseau de clients et font connaître leurs ventes privées grâce à Internet. Les réseaux sociaux et les mails sont redoutablement efficaces. Mais le traditionnel « bouche à oreille » n’a pas dit son dernier mot, comme le confirme ID Contraire, qui distribue également des flyers chez les commerçants, pour annoncer une vente. « La clientèle nous fait confiance et elle revient toujours », raconte Isabelle Pierrès de l’atelier Saint-Loup.

La vente privée facilite la vie de l’artisan

Pour les artisans, les ventes privées sont une source de revenus importante. Isabelle Pierrès dispose de quelques points de vente dans les boutiques nantaises : « C’est bien de travailler avec les boutiques mais parfois contraignant, car cela impose un certain volume de production et des délais de paiement. La vente directe évite les frais. De plus, nous ne disposons pas des moyens nécessaires pour la location d’une boutique », reconnaît-elle.

Une autre manière de consommer

Isabelle Pierrès pose un regard sociologique sur la vente privée : « Les gens sont saturés d’offres et de produits. Ils sont à la recherche d’une autre façon de consommer et ont besoin de se réapproprier l’acte d’achat. » Selon Isabelle, la vente privée n’est pas un acte d’achat classique, car elle est éphémère, mais un lien peut se tisser entre les clients et l’artisan : « La clientèle est à la recherche d’un savoir-faire. Elle le ressent directement lorsqu’elle se déplace à l’atelier. »

Liens utiles

L’atelier Saint-Loup confectionne des articles de maroquinerie : sacs, porte-monnaie, étuis pour téléphones, protèges carnets… Tous les mois, l’atelier organise des ventes privées, 4, rue de la Ville-en-Bois, tél. 02 53 35 54 30, st-loup.com. Sur Facebook.

ID contraire est un créateur nantais de chaussures pour femmes, hommes, enfants et adolescents, 11, passage Douard, tél. 02 40 35 42 50, idcontraire.com. Sur Facebook.

Les artisans nantais un savoir faire ancestral tourné vers la création

Atelier renaissance

Les filles de l’Atelier Renaissance filent les tapis

Les artisans Nantais, entraînés par l’ébullition qui règne autour des Machines de l’Île et de la compagnie Royal de Luxe, se servent de techniques ancestrales pour déployer leur art. Parfois, ils se lancent dans la création. Voici le portrait de l’Atelier Renaissance, place Viarme, et de l’Atelier Saint-Loup, place Canclaux.

Il est peu aisé de distinguer la création artistique de l’artisanat. Parfois, la frontière est mince entre les deux et jusqu’à l’époque des Lumières, les mots « art » et « artisanat » sont synonymes. Un cliché demeure : on imagine l’artiste libéré du labeur et toujours dans la création face à un artisan ronchon qui peaufine une action souvent répétitive. A Nantes, les artisans peuvent parfois dépasser les clichés.

Une passion pour la belle matière

atelier Saint loup

Isabelle travaille à l’Atelier Saint-Loup sur de vieilles machines

Les artisans avouent souvent avoir découvert leur vocation par attrait pour une belle matière : « Avec mes peaux de cuir, j’ai une approche presque physique. Quand je les respire ou quand je les touche, il se passe immanquablement quelque chose« , raconte Isabelle, maroquinière de l’Atelier Saint-Loup.

Restauratrice de tapis anciens, Caroline manie le fil et l’aiguille à l’Atelier Renaissance. Elle aime par dessus tout le contact avec la laine. « La plus fine des laines est la Médicis. La plus épaisse est la Smyrne. J’aime quand elles sentent le bouc ! » explique la jeune femme.

Odorat, toucher ou vue, l’artisanat est un appel aux sens et aux vocations

L’artisan connaît les secrets des artistes. Emmanuelle et Caroline, les deux femmes de l’Atelier Renaissance, ont reçu une solide formation. Les objets qu’elles restaurent sont parfois vieux de 300 ans. Ce sont des objets qui ont été créés par des artistes à l’origine.

« A Boukhara, la tradition du tapis est très vieille. Ce sont les tapis les plus merveilleux du monde. Leur couleur, le rouge, illumine les intérieurs et chaque motif parle au nom d’une civilisation très ancienne ». Pour évaluer les œuvres d’art Caroline a recours à un grimoire qui explique les symboliques des tapis.

Nantes, une ville tournée vers la création artistique

Joaillier depuis des années de la rue Copernic, Gildas Durand se retrouve encore fasciné devant la minutie exigée par son métier. Pour autant, il ne veut pas se considérer comme un artiste : « Attention. L’artisan doit répondre à une demande. Quant à l’artiste, il crée sans savoir s’il va trouver un client. La démarche est plus importante que la réalisation« . Pourtant, Gilles admet que l’artisan sort à l’occasion des sentiers battus. Parfois, il crée et rentre dans la peau d’un artiste.

« Les grandes institutions nantaises comme les machines de l’Île et Royal de Luxe ont suscité une ébullition créative auprès des artisans de Nantes« , reconnaît Isabelle. La jeune femme a le sentiment que les artisans Nantais sont, moins qu’ailleurs, tournés vers le passé. Ils osent créer tout en s’appuyant sur un savoir-faire ancestral.

Entre les maîtres et les apprentis, une transmission a lieu

Souvent, les artisans vont de paire. Il y a un maître et son apprenti. Dans la chaleur d’un atelier, un artisan se forme, parfois de longues années, auprès d’un maître qui connaît toutes les ficelles du métier.