« Pour l’amour du fil » tisse sa toile sur le territoire

pour l'amour du filC’est parti pour l’Amour du fil ! Jusqu’à samedi, le parc des Expositions de la Beaujoire réunit les amateurs de création textile de la région nantaise mais aussi de France et de l’étranger.

Elles se sont levées de bonne heure ce matin. Bernadette, Denise et Lucile, des copines de patchwork qui viennent de la région de Caen ont fait 3 h de route pour arriver au salon « Pour l’amour du Fil » qui ouvrait ses portes au public hier matin à partir de 10 h. « Y’a de quoi faire ici ! » s’exclament-elles en se séparant pour ne pas perdre de temps. Toute la matinée, Bernadette n’a pas chômé : « Je n’ai fait seulement que 3 allées et je sens que je vais me lâcher » s’exclame-t-elle. Tous les deux pas, Bernadette a un coup de cœur pour un nouvel objet textile.

100 exposants sur 4 jours

pour l'amour du filDe leur côté, les Rennaises du club de patchwork de Bruz sont en admiration devant le travail de la Japonaise Tomie Nagano. Ses grands quilts sont exposés sur les murs du Grand Hall du parc des Exposition. Françoise Vautier et Agnès Martin sont suspendues aux paroles de l’interprète de la créatrice japonaise : « Tu as vu le travail de fourmi ! Tous les 9 morceaux elle ajoute une petite touche d’orange », raconte Agnès qui a pris son carnet de note pour repartir avec des idées. « Ce n’est pas la première fois que nous venons ici. Nous faisons le plein d’idées pour notre club de patchwork ».

Les secrets du patchwork mis à nu

pour l'amour du filLes couturières vendéennes sont également de la partie. Jacqueline Martrou s’extasie devant les molas de l’artiste japonaise Fumiko Nakayama. Elle explique à une amie des Sables d’Olonnes cette technique très particulière de l’appliqué inversé, issue des peuples de l’Amérique du Sud : « Alors tu vois pour la mola, les couturiers jouent sur 4 tissus différents en profondeur. Moi, j’en faisais avant mais aujourd’hui j’ai mal aux yeux », décrypte Jacqueline. « Je viens régulièrement au salon pour l’amour du fil car j’ai besoin d’acheter du beau tissu », poursuit Jacqueline qui regrette de ne pas trouver ces merveilles aux Sables d’Olonne.

Pendant ce temps, les 3 caennaises, déjà alourdies par les achats ainsi que les vagabondages de la matinée partent se restaurer. La pause ne durera que quelques minutes car elles ont encore tout à découvrir et souhaitent participer à un atelier de tricot géant !

Dans l’antre de la plus vieille mercerie Nantaise

au fil d or À l’occasion du salon « Pour l’Amour du Fil », qui ouvre ses portes du mercredi 22 au 25 avril au Parc des Expositions de la Beaujoire, la plus vieille mercerie de Nantes, Au fil d’Or, dévoile ses mille et un petits trésors qui servent à coudre, rapiécer, raccommoder, piquer, tricoter ou encore broder.

Depuis 1947, le numéro 7 de la rue Santeuil est une mercerie. Et cela n’est pas près de changer grâce au dynamisme de sa propriétaire Sophie Héraud. En 1999, lorsqu’elle a repris le commerce, Sophie n’était pas plus que cela portée sur la couture ou la broderie : « C’est une passion qui m’est venue petit à petit. Aujourd’hui, je ne la pratique pas mais je développe une foule d’idées pour mes clients », raconte Sophie qui souffle aussi parfois ses idées à ses fournisseurs.

Un regain d’intérêt pour la couture

au fil d orÀ 44 ans, la tenancière de la mercerie n’a jamais le temps de s’ennuyer : « c’est un commerce tellement diversifié, on y trouve de tout et c’est également un secteur en plein essor ». Depuis 4 ou 5 ans, Sophie constate en effet un regain d’activité pour la couture. Un public plus jeune et plus masculin franchit les portes de sa mercerie. « Parfois, des hommes me demandent du fil et des aiguilles. Ils prétendent que c’est pour leur épouse, mais je ne suis pas dupe, je sens bien que ce sont eux qui s’y mettent ». Le récent succès des émissions de télévision qui mettent en compétition des candidats couturiers y est pour quelque chose dans ce nouvel intérêt pour la couture. Sophie croise les doigts pour que cela ne soit pas qu’un phénomène de mode.

Les clients de la mercerie sont aussi des hommes

Internet et les réseaux sociaux relancent eux-aussi l’intérêt du public pour la couture. On peut y trouver des tutoriels pour apprendre à coudre ou bien des patrons pour faire ses propres habits. Mais Sophie reste sceptique : Internet ne remplacera pas les conseils du commerçant. « Je sais que beaucoup de mes fournisseurs ont vendu des machines à coudre à Noël. Le secteur change, la couture et le tricot reviennent à la mode et c’est aussi ce qui me plaît dans le métier. Je dois rester à la page pour guider ma clientèle », poursuit Sophie, interrompue par deux messieurs venus acheter des écussons pour cacher de manière heureuse les trous sur leurs pantalons usés.

Au fil d’or. 7, rue Santeuil. Tel : 02 40 69 83 66

A Nantes, ça tricote, ça coud et ça patchwork

nanaDes complicités se créent autour des aiguilles à tricoter. Des générations de Nantaises et de Nantais se retrouvent réunies pour l’amour du fil. Le textile, sous toutes ses coutures, est un grand moment d’amitié.

La couture n’est pas un travail en solitaire. Elle se vit en communauté. L’aiguille autorise de jolies rencontres. Autour d’elle, on échange des techniques, une expérience et un savoir-faire. Dans la ville de Nantes, il existe des lieux entièrement dédiés à l’art de la couture. Les Nantaises du fil s’y réunissent. Dans les merceries nantaises, « Au fil de Flo » par exemple, des ateliers pour apprendre la couture sont organisés. Si vous êtes confrontés à une difficulté, les salariés de la « Droguerie« , non loin du passage Pommeraye, s’attarderont sur votre cas pour vous donner des petites astuces.

Un dialogue sur plusieurs générations

Le plus fréquemment, ce sont les jeunes femmes, tout juste devenues mamans, qui se jettent avec plaisir dans le loisir textile. Au salon annuel « Pour l’amour du fil », qui se tient désormais au Parc des Expositions de la Beaujoire, les organisateurs remarquent avec bonheur que la couture se pratique de 7 à 77 ans. « Une petite fille de 8 ans peut déjà confectionner un tricot sympa ou des vêtements pour ses poupées. Les enfants viennent à l’Amour du fil avec leur mère ou leur grand-maman. Pour moi, la couture est un pont intergénérationnel« , reconnaît Elodie, qui travaille pour le salon « L’amour du Fil« . La couture et le textile sont donc de véritables moments de complicité qui se vivent entre plusieurs générations.

« L’amour du fil » , le salon consacré à la couture, sous toutes ses coutures

ours de cyriaqueLes tricots et les aiguilles travaillent dur dans les merceries, à la veille du salon « Pour l’Amour du fil », qui se tient généralement au printemps, sur Nantes. Grâce aux émissions télés ou bien à la mode du « Do it yourself », le textile a le vent en poupe. 

Broderie, patchwork et tricot pour fabriquer des cabas, des kilts ou des habits… Il flotte pour le textile une passion frénétique, voire compulsive. Brodeuse passionnée, Florence, la fameuse « Flo », a ouvert une boutique de mercerie, non loin de Talensac. Elle observe avec enthousiasme, le nouvel engouement du public pour la création textile.

Do it yourself : je veux apprendre à faire tout seul. 

« Les clients ont le désir de réaliser les objets par leurs propres moyens. C’est possible maintenant, car de nouvelles techniques ont vu le jour. Ces techniques sont accessibles : observez donc ces mignonnes boîtes qui sont brodées ou bien ce cabas en patchwork », désigne-t-elle en montrant les jolies productions textiles colorées. Sa mercerie est est pleine. « On est à des années lumière du vieux cliché de la broderie poussiéreuse. Mes clientes sont de plus en plus jeunes », précise-t-elle.

« Je crois qu’avec la morosité économique, les Nantais ont de plus en plus le désir de confectionner par leur propre moyen les objets du textile. Si on remonte le temps, la mode du patchwork a commencé pendant la période de la Grande Dépression aux Etats-Unis, c’est-à-dire dans les années 1930. Les femmes rassemblaient leurs chutes de textile pour fabriquer des objets. Et puis la couture, ça fait oublier tous les soucis. On est concentré sur une tâche précise et on oublie tout le reste ».

Florence oublie de préciser une dernière chose : dans les rayons de mode des grands magasins de prêt-à-porter, le vintage est à la page ! On peut raccommoder les vieux habits pour leur donner un coup de neuf.

La couture, art ou artisanat ?

Certains créateurs textiles sont parfois de grands artistes. Cyriaque L… est un bel exemple. C’est un jeune homme qui se passionne pour l’aiguille, le fil et qui fabrique des ours en laine mohair, à l’ancienne. Les plus beaux des doudous !

Cyriaque confectionne des pièces de collection. « Je me sers d’anciennes techniques ainsi que du matériel ancien. C’est formidable toutes ces choses que l’on crée à partir d’un fil et d’une aiguille ».

Cyriaque n’est pas avare en conseil. Il organise des stages pour enseigner sa pratique et délivrer tous les secrets de son art.

À Nantes, quelques  adresses de l’aiguille et du fil :

Au Fil de Flo. Belle mercerie à l’ancienne. Florence organise des cours de couture. 41, rue Léon-Jamin, tél. 02 51 89 94 47 A retrouver sur Facebook

Les ours de Cyriaque L… Le jeune homme anime des stages pour apprendre à confectionner des ours anciens. Tél. 06 61 28 86 70 loursdecyriaque.canalblog.com A retrouver sur Facebook.

La Droguerie. Magnifique mercerie du centre-ville. On y trouve de tout pour faire ses propres bijoux et accessoires. 24, rue de la Fosse, tél. 02 51 82 45 70