Les artisans nantais un savoir faire ancestral tourné vers la création

Atelier renaissance

Les filles de l’Atelier Renaissance filent les tapis

Les artisans Nantais, entraînés par l’ébullition qui règne autour des Machines de l’Île et de la compagnie Royal de Luxe, se servent de techniques ancestrales pour déployer leur art. Parfois, ils se lancent dans la création. Voici le portrait de l’Atelier Renaissance, place Viarme, et de l’Atelier Saint-Loup, place Canclaux.

Il est peu aisé de distinguer la création artistique de l’artisanat. Parfois, la frontière est mince entre les deux et jusqu’à l’époque des Lumières, les mots « art » et « artisanat » sont synonymes. Un cliché demeure : on imagine l’artiste libéré du labeur et toujours dans la création face à un artisan ronchon qui peaufine une action souvent répétitive. A Nantes, les artisans peuvent parfois dépasser les clichés.

Une passion pour la belle matière

atelier Saint loup

Isabelle travaille à l’Atelier Saint-Loup sur de vieilles machines

Les artisans avouent souvent avoir découvert leur vocation par attrait pour une belle matière : « Avec mes peaux de cuir, j’ai une approche presque physique. Quand je les respire ou quand je les touche, il se passe immanquablement quelque chose« , raconte Isabelle, maroquinière de l’Atelier Saint-Loup.

Restauratrice de tapis anciens, Caroline manie le fil et l’aiguille à l’Atelier Renaissance. Elle aime par dessus tout le contact avec la laine. « La plus fine des laines est la Médicis. La plus épaisse est la Smyrne. J’aime quand elles sentent le bouc ! » explique la jeune femme.

Odorat, toucher ou vue, l’artisanat est un appel aux sens et aux vocations

L’artisan connaît les secrets des artistes. Emmanuelle et Caroline, les deux femmes de l’Atelier Renaissance, ont reçu une solide formation. Les objets qu’elles restaurent sont parfois vieux de 300 ans. Ce sont des objets qui ont été créés par des artistes à l’origine.

« A Boukhara, la tradition du tapis est très vieille. Ce sont les tapis les plus merveilleux du monde. Leur couleur, le rouge, illumine les intérieurs et chaque motif parle au nom d’une civilisation très ancienne ». Pour évaluer les œuvres d’art Caroline a recours à un grimoire qui explique les symboliques des tapis.

Nantes, une ville tournée vers la création artistique

Joaillier depuis des années de la rue Copernic, Gildas Durand se retrouve encore fasciné devant la minutie exigée par son métier. Pour autant, il ne veut pas se considérer comme un artiste : « Attention. L’artisan doit répondre à une demande. Quant à l’artiste, il crée sans savoir s’il va trouver un client. La démarche est plus importante que la réalisation« . Pourtant, Gilles admet que l’artisan sort à l’occasion des sentiers battus. Parfois, il crée et rentre dans la peau d’un artiste.

« Les grandes institutions nantaises comme les machines de l’Île et Royal de Luxe ont suscité une ébullition créative auprès des artisans de Nantes« , reconnaît Isabelle. La jeune femme a le sentiment que les artisans Nantais sont, moins qu’ailleurs, tournés vers le passé. Ils osent créer tout en s’appuyant sur un savoir-faire ancestral.

Entre les maîtres et les apprentis, une transmission a lieu

Souvent, les artisans vont de paire. Il y a un maître et son apprenti. Dans la chaleur d’un atelier, un artisan se forme, parfois de longues années, auprès d’un maître qui connaît toutes les ficelles du métier.

Les bijoux harmonieux de Lilac

lilac« Double toi et moi », « Asian wind », « Cyclone tahitien » ou bien « Lune de miel » sont les doux noms oniriques des bijoux de Florian Le Goff. « Je réalise du moderne mais qui rappelle le style classique. Mes bijoux sont très inspirés de la période art déco », explique ce jeune Breton devenu joaillier par vocation.

Arrivé à Nantes à la fin de l’année 2012, Florian Le Goff propose ses créations originales. Ses bijoux sont géométriques et harmonieux grâce à leurs courbes douces relevées par des lignes droites. « Je crée des pièces uniques influencé par les desiderata de mes clients qui me donnent parfois carte blanche. Je laisse alors libre court à mon imagination. »

Florian le Goff transforme également des bijoux anciens. « Je mets au goût du jour les bijoux de mes clients, parfois dénichés dans leurs greniers. » Lilac, le nom de sa société, s’inspire de sa couleur préférée : un violet dont la pâleur évoque un paysage champêtre.

Lilac, joaillier-créateur-gemmologue. Site : www.lilacjoaillerie.com. Tél. 06 59 35 25 88.