Et si vous laissiez le salon de coiffure venir à vous ?

Aurel B installe son salon de coiffure à domicile

Aurel B installe son salon de coiffure à domicile

De plus en plus de professionnels nantais proposent leurs services à domicile et baladent leurs entreprises à vélo. Aurel B. a récemment rejoint ce club de cyclistes entrepreneurs : elle est coiffeuse à domicile ! Tout sourire, elle installe son matériel dans la cuisine, le séjour ou la salle de bain des Nantais.

En un tour de main, l’ambiance du salon de coiffure surgit

Pour les travailleurs Nantais qui sortent tard de leur bureau, à l’heure où le salon de coiffure  a déjà fermé ses portes, le service à domicile d’Aurel est la solution toute trouvée. « Récemment, j’ai coupé les cheveux d’une dame dans sa cuisine. Pendant ce temps, son mari préparait à manger et donnait son avis. Il ne faut pas oublier qu’une coupe de cheveux, c’est d’abord un moment de détente. Pourquoi ne pas le vivre chez soi ? » interroge Aurel.

Au sein de l’entreprise : la coupe entre midi et deux

Besoin d’un point d’eau pour la coupe ? Même pas ! Aurel pratique ses coupes sur des cheveux secs : « Ce service n’est pas très répandu en France. Pourtant, il permet une bonne lecture de l’implantation capillaire. Par exemple, lorsque je coupe les cheveux sur la pause déjeuner des personnes qui travaillent en entreprise, je n’ai pas besoin de point d’eau ».

Aurel B ne se déplace qu'à vélo

Aurel B ne se déplace qu’à vélo

Un service engagé qui se déplace à vélo

A bord de son triporteur, épaulée par son assistance électrique, la jeune coiffeuse transporte tout son matériel de coiffure : ciseaux, sèche-cheveux, bac à shampooing… « J’ai longtemps habité Barcelone, une ville dans laquelle j’effectuais systématiquement mes déplacements à vélo. Ce mode de transport, à la fois écologique et responsable, est pour moi une évidence« , affirme Aurel, qui a rejoint le collectif nantais « Les Boîtes à Vélo« . « C’est un collectif extrêmement dynamique dont les membres s’apportent de l’aide et du conseil« .

Une coiffeuse résolument tournée vers la mode

Initiée à l’art du cheveux depuis l’enfance, Aurel explore son métier sous toutes les facettes. À partir de cheveux synthétiques, la jeune femme crée des collections d’accessoires, portées lors de défilés ou de shows. Elle est particulièrement fière du corset tout en cheveux qu’elle a tissé à l’occasion d’une performance artistique : « Dans mon métier, rien n’est figé ! On peut donner libre cours à sa créativité ». Après avoir travaillé dans les salons de Berlin, de Barcelone ou de Londres, c’est à Nantes qu’Aurel a décidé de monter son entreprise. « Je renoue avec mes racines », se réjouit-elle.

Aurel B. Artiste capillaire. Tel : 06 81 67 01 34. Site : aurelb.fr

De beaux luminaires à la Lustrotheque de Nantes : et la lumière fut !

Choix de luminaires à la Lustrothèque de Nantes

Choix de luminaires à la Lustrothèque de Nantes

Une lumineuse boutique atelier vient de voir le jour à Nantes. Aurélia Vivrel, une Nantaise originaire de Normandie, en est la fée. À 37 ans, Aurélia se tourne vers sa passion de toujours : la restauration et la création de luminaire. Quand elle n’est pas à la boutique, c’est qu’elle part chiner dans les salons ou les brocantes des luminaires design issus des années 1940 aux années 1980. Ces trouvailles apportent de la couleur et des formes originales à la boutique.

Surtout, Aurélia restaure des lustres anciens. « Dans un intérieur moderne, le lustre apporte un cachet inimitable. Mes clients ont souvent hérité de ces magnifiques luminaires de leurs parents ou de leurs grands-parents. La restauration est minutieuse mais lorsqu’elle est terminée, le lustre a devant lui de longues années de vie », explique-t-elle en manipulant des fils électriques et des ampoules décoratrices. « J’aime mon métier car il comprend deux aspects : la délicatesse de la restauration d’un objet ancien, et l’aspect brut de l’électrification ».

La Lustrothèque. 4 bis, rue de Colmar. Tel : 06 75 80 42 97.

Les tours de céramique de l’Atelier d’Hélène

atelier republiqueDepuis cinq ans, Hélène Morbu a déjà sa petite réputation bien installée sur l’Île de Nantes. Son atelier de céramique, qu’elle partage avec des amis graphistes, s’offre à la vue des badauds qui se promènent rue la Tour-d’Auvergne. On peut y apercevoir Hélène faisant tourner ses céramiques. Il y a derrière elle un grand four et tout autour des étagères, qui affichent ses créations : des lampes, des vases ou bien les productions de ses élèves car elle donne fréquemment des cours de céramique.

Les 23 et 24 mars, elle a participé au « Fil de l’Île », un parcours de créateurs sur l’Île de Nantes qui se tenait dans le cadre des Ateliers de la création. Elle en ressort à la fois satisfaite avec la légère frustration de ne pas avoir pu rendre visite aux autres créateurs : « L’Île de Nantes était en pleine ébullition et j’aurais bien aimé me promener dans le parcours des créateurs ! Mais je suis restée à l’atelier pour les cours, il y en avait deux le samedi et deux le dimanche. Heureusement, les gens m’ont raconté ce qui se tramait hors de mes murs », dit-elle en souriant.

Hélène estime que ce week-end créatif lui a permis de faire connaître son travail auprès d’un public, qui ne serait pas forcément venu sans l’incitation de l’événement.

Elle a réalisé des cloches de Pâques en céramique avec les enfants dont les vestiges se retrouvent un peu partout dans l’Atelier. Certains ont confectionné des bols dont les anses rappellent des animaux : des petits bouquetins ou des girafes. « Les enfants sont plein d’imagination ! », s’esclaffe Hélène en désignant une théière en forme d’éléphant.

L’Atelier de la céramique, 25, rue la Tour-d’Auvergne. Site : www.atelierdelarepublique.fr

Les artisans nantais un savoir faire ancestral tourné vers la création

Atelier renaissance

Les filles de l’Atelier Renaissance filent les tapis

Les artisans Nantais, entraînés par l’ébullition qui règne autour des Machines de l’Île et de la compagnie Royal de Luxe, se servent de techniques ancestrales pour déployer leur art. Parfois, ils se lancent dans la création. Voici le portrait de l’Atelier Renaissance, place Viarme, et de l’Atelier Saint-Loup, place Canclaux.

Il est peu aisé de distinguer la création artistique de l’artisanat. Parfois, la frontière est mince entre les deux et jusqu’à l’époque des Lumières, les mots « art » et « artisanat » sont synonymes. Un cliché demeure : on imagine l’artiste libéré du labeur et toujours dans la création face à un artisan ronchon qui peaufine une action souvent répétitive. A Nantes, les artisans peuvent parfois dépasser les clichés.

Une passion pour la belle matière

atelier Saint loup

Isabelle travaille à l’Atelier Saint-Loup sur de vieilles machines

Les artisans avouent souvent avoir découvert leur vocation par attrait pour une belle matière : « Avec mes peaux de cuir, j’ai une approche presque physique. Quand je les respire ou quand je les touche, il se passe immanquablement quelque chose« , raconte Isabelle, maroquinière de l’Atelier Saint-Loup.

Restauratrice de tapis anciens, Caroline manie le fil et l’aiguille à l’Atelier Renaissance. Elle aime par dessus tout le contact avec la laine. « La plus fine des laines est la Médicis. La plus épaisse est la Smyrne. J’aime quand elles sentent le bouc ! » explique la jeune femme.

Odorat, toucher ou vue, l’artisanat est un appel aux sens et aux vocations

L’artisan connaît les secrets des artistes. Emmanuelle et Caroline, les deux femmes de l’Atelier Renaissance, ont reçu une solide formation. Les objets qu’elles restaurent sont parfois vieux de 300 ans. Ce sont des objets qui ont été créés par des artistes à l’origine.

« A Boukhara, la tradition du tapis est très vieille. Ce sont les tapis les plus merveilleux du monde. Leur couleur, le rouge, illumine les intérieurs et chaque motif parle au nom d’une civilisation très ancienne ». Pour évaluer les œuvres d’art Caroline a recours à un grimoire qui explique les symboliques des tapis.

Nantes, une ville tournée vers la création artistique

Joaillier depuis des années de la rue Copernic, Gildas Durand se retrouve encore fasciné devant la minutie exigée par son métier. Pour autant, il ne veut pas se considérer comme un artiste : « Attention. L’artisan doit répondre à une demande. Quant à l’artiste, il crée sans savoir s’il va trouver un client. La démarche est plus importante que la réalisation« . Pourtant, Gilles admet que l’artisan sort à l’occasion des sentiers battus. Parfois, il crée et rentre dans la peau d’un artiste.

« Les grandes institutions nantaises comme les machines de l’Île et Royal de Luxe ont suscité une ébullition créative auprès des artisans de Nantes« , reconnaît Isabelle. La jeune femme a le sentiment que les artisans Nantais sont, moins qu’ailleurs, tournés vers le passé. Ils osent créer tout en s’appuyant sur un savoir-faire ancestral.

Entre les maîtres et les apprentis, une transmission a lieu

Souvent, les artisans vont de paire. Il y a un maître et son apprenti. Dans la chaleur d’un atelier, un artisan se forme, parfois de longues années, auprès d’un maître qui connaît toutes les ficelles du métier.

La boutique Padme : une escale indienne à Nantes

padmeFace à la médiathèque Jacques-Demy, une jolie boutique qui invite au voyage vient de voir le jour. Elle s’appelle Padme et elle regorge de merveilles artisanales directement venues d’Inde. Bijoux en argent ou du Rajasthan, étoles en soie ou en laine, vêtements brodés, cover-bed, statues ou meubles : toutes ces pièces colorées et finement confectionnées à la main ont été choisies par Olivier Thomas et sa future épouse Chiaa.

Il est Français, elle est Indienne. Ils se sont rencontrés alors qu’il voyageait en Inde. Elle est revenue avec lui à Nantes. « L’idée d’ouvrir un magasin de produits indiens m’est venue alors que je me baladais à Dharamsala. Les étales colorées tibétaines m’ont littéralement fasciné », se souvient Olivier Thomas. Le fruit de ce voyage est à cueillir dans sa boutique : Padme.

Padme, 2, rue Neuve-des-Capucins. Tél. 06 59 80 14 02. Site : indiacraft.fr